Mme Marica DÉNIEL – Une grande dame nous a quittés

2019-04-02 - Souvenir de Marica DENIEL_2

Marica Simonovska (prononcer Maritsa), la petite Macédonienne née le 6 septembre 1954 à Jabuka en Serbie où ses parents Macédoniens émigrèrent une première fois, a tiré hier sa révérence non sans avoir lutté jusqu’au bout contre un cancer récidiviste.

Pour fuir les difficultés économiques de l’ex-Yougoslavie, son père émigre une seconde fois et fait venir ensuite sa famille en France le 13 août 1966. C’est donc à l’âge de 12 ans qu’elle arrive en Normandie, dans un pays dont elle ne maîtrise ni la langue, ni la culture. Elle doit, avec toutes les difficultés que l’on peut aisément imaginer, s’intégrer et reprendre une scolarité malgré la barrière de la langue. Cette barrière intangible de la langue dont elle a pu souffrir par les moqueries dont elle est parfois l’objet durant ses jeunes années et qui l’amèneront souvent à sous-estimer ses capacités.

À 16 ans, la jeune Marica travaille dans une filature, chez Mazurel. Un premier mariage lui donne 3 enfants,  Cyril, Yann et Laetitia, qu’elle élève seule. Parallèlement, elle suit une formation pour devenir assistante puéricultrice. Elle est embauchée à l’issue de celle-ci dans une association « L’œuvre Normande des Mères ». C’est à cette époque qu’elle rencontre l’homme de sa vie, Jean DÉNIEL, qu’elle épouse le 2 décembre 1989 en la Mairie de Notre-Dame de Bondeville devant un maire fraîchement élu qui n’est autre que Jean-Yves Merle. Initiée à la politique par son mari, tous deux seront marqués par ce jeune Maire qui devient un ami proche et ils s’engagent au Parti Socialiste. Derrière Jean-Yves Merle, ils participent à plusieurs campagnes municipales.

En 2003, Marica DÉNIEL doit cependant mener un autre combat puisqu’elle est touchée une première fois par un cancer du sein qu’elle va vaincre avec un courage et une détermination sans faille. C’est cette fougue et cette détermination qui feront d’elle l’une des plus efficaces et ferventes supportrices de Jean-Yves Merle. Celui-ci l’intègre dans son équipe municipale en mars 2008. Mais c’est en mars 2014 que se démontrent une nouvelle fois, la force de travail hors du commun, la loyauté, la foi et les convictions de Marica, au bout d’une affreuse campagne marquée par les coups sordides d’un candidat socialiste parachuté par un parti qui a perdu toute lucidité en même temps que ses convictions idéologiques. Jean-Yves Merle la nomme Maire-Adjointe. Dans son action politique au sein du conseil municipal, elle est animée par une volonté de faire, d’agir, qui déborde sur l’ensemble des élus qui travaillent avec elle. Toujours combative, elle a soif de découvertes et se réjouit de participer à la vie et à l’animation de la commune.

Mais c’est au cours de ce mandat que le cancer récidive. Opérée d’un poumon en septembre 2016, elle subit six protocoles de chimiothérapie différents qui n’empêchent malheureusement pas la maladie de gagner peu à peu du terrain et qui amenuise lentement ses forces. Jusqu’à la fin ce petit bout de femme, pleine d’énergie, a donné une leçon de courage et de vie à ses proches, à tous ceux qui l’ont connue.

Passionnée par le jardinage et les fleurs, la rose avait sa préférence ; passionnée par les animaux, Marica aimait aussi la musique et la chanson, adorant notamment Jean Ferrat. Sa chanson préférée, « La montagne » qui l’inspirait et lui rappelait qu’elle était née dans un petit village montagneux de Serbie, d’une maman bergère et dont elle prit assurément le goût des randonnées en montagne.

D’une grande générosité de cœur, pour tout le monde, elle était une battante. Son combat, elle l’aura mené jusqu’au bout parce que Marica ne lâchait jamais rien. Petite par la taille, mais grande par son courage, elle s’est malheureusement éteinte, le 2 avril 2019 à 5h45, pour rejoindre un autre monde qu’elle souhaitait meilleur. Ce mardi 2 avril, une femme pétillante, rayonnante et tenace s’en est allée. Marica DÉNIEL était de ces gens qui, par leur gentillesse et la sincérité de leurs sentiments, marquent de leur empreinte indélébile l’esprit de ceux qui les ont côtoyés. Sa proximité, son amabilité et son humilité lui valurent d’être très appréciée des Bondevillaises et des Bondevillais.

Comme le dit un jour le poète romain Virgile : « L’esprit pénètre tout de sa flamme féconde et s’infiltre invisible au vaste corps du monde. » Nul doute que son esprit continuera de s’infiltrer dans l’esprit de ceux qui l’ont connue. Nous adressons ici nos plus sincères condoléances à Jean, son mari, Laetitia, Manon, Cyril et Yann, ses enfants, ainsi qu’à l’ensemble de sa famille et de ses amis.